Entraîneur•se sportif•ve

Dans quelle structure peut-on exercer ?

Dans tout type de structure nautique quelle que soit sa taille, dès lors qu’une activité d’encadrement contre rémunération est prévue de manière permanente dans le club. L’entraîneur•rice sportif peut également intégrer des structures d’entraînement spécialisées (centre, pôle) dès lors que son expérience technique ou pédagogique est suffisante

Qui sont les professionnel•les dans nos clubs de Normandie ?

Adrien (2000) est spécialisé en catamaran au sein de la structure portuaire du CNPV (Le Havre) 

“En tant qu’entraineur des catamarans mon objectif premier est d’amener les jeunes à mieux comprendre le fonctionnement de leur bateau. J’essaie de leur transmettre au mieux mon savoir pour qu’ils puissent, pourquoi pas, le transmettre eux aussi par la suite. Je m’occupe de l’entretien de la flotte, du groupe compétition en catamaran et des stages en période de vacances scolaires. C’est un support qui demande beaucoup de logistique donc il faut se faire une petite expérience. Plus jeune, je suis moi-même passé par le tyka et les SL 15.5 et 16 donc j’avais l’habitude.”

 

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Boris (1986) : entraîneur depuis 2011 au sein du club de lac CVSaint-Aubin-les-Elbeufs. Il est intervenu sur plusieurs supports (Optimist débutant et compétition, Laser, l’EQUIPE, RS Feva et 420.) avant de se spécialiser en « double ».

« Entraîneur est pour moi une passion, j’ai auparavant été de nombreuses années entraîneur bénévole de handball. Intégrer l’univers de la voile m’a permis de me professionnaliser et de découvrir la richesse du métier.
Entraîner, c’est pour moi avant tout l’occasion de partager des projets et des émotions fortes avec les sportifs, les collègues, les familles. De la déception d’une défaite à la joie d’une médaille, de saison en saison, l’histoire ne se répète jamais.
Mon plus grand plaisir aujourd’hui : voir des jeunes que j’ai formés sur leurs premiers bords, devenir des sportifs ambitieux, des adultes accomplis, parfois des amis et qui transmettent à leur tour ce qui les anime. »

 

Delphine (1981) est entraîneuse de voile R3 spécialisée dériveur au sein du plan d’eau intérieur CVSaint-Aubin-les-Elbeufs « mais pas que… » !

« Être dehors et dedans. Sur l’eau, à terre. Devant un ordi ou avec un outil. Il faut aimer le contact humain, savoir s’adapter, avoir envie de rythme, envie de transmettre.
On peut avoir la possibilité de faire évoluer son métier en glissant vers de l’administratif, de la communication ou encore la formation, ce qui a été mon cas.
Le monde associatif notamment les personnes qui le composent et les adhérents sont ce que je considère comme la richesse de ce métier. Le lien qui se construit avec eux, dans le temps, grâce à des évènements sportifs ou pas construits et vécus ensemble.
En résumé, entraîneur•se sportif•ve est un métier dont on ne soupçonne pas les possibilités si on s’en donne les moyens et surtout si on trouve la structure qui nous permet de le faire.”

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Olivier (1972) :  directeur et entraîneur dériveur en catégorie Espoir à l’École de voile de Cherbourg (plan d’eau portuaire)

« Le métier d’entraîneur•se est une très belle opportunité pour un éducateur•rice sportif•ve. C’est une partie de mon métier depuis une vingtaine d’année. Mener le projet sportif d’un groupe est motivant, enrichissant sur le point technique et humain. Pouvoir permettre à des  jeunes de s’impliquer dans cette démarche l’est également. Dans mon cadre d’emploi et au delà de l’entraînement, il y a également la programmation de la saison, la réalisation d’une stratégie d’ investissement matériel et de son suivie, la création de budgets prévisionnels concernant les déplacements et stages.  J’encourage tous les moniteurs de voile à entraîner et à s’épanouir mais aussi à contribuer à cet élan dynamique de notre sport et de notre ligue de voile car c’est notre lisibilité et notre avenir ! »

 

Baptiste (1994) est spécialisé dans l’entraînement des plus jeunes (poussins, benjamins) en dériveur au sein de la structure portuaire SNPHavre 

“Mon rôle en tant qu’entraineur est d’accompagner les enfants dans le sport, avec pour but de les aider à faire des résultats sportifs. Nous sommes les acteurs d’une véritable école de la vie. En déplacement, on leur apprend à s’émanciper et c’est extrêmement intéressant. Avec les benjamins, on a tout à leur apprendre : côté voile, matériel, savoir vivre en groupe. Notre rôle est donc super important : ils apprennent à se débrouiller sans leurs parents. C’est intéressant car ils sont jeunes. On peut interagir avec eux, ils nous écoutent : ils ne sont ni trop petits ni dans l’âge de la contradiction avec les adultes..”

 

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Matthieu (1978) est un entraîneur spécialisé en planche à voile, en windfoil (mais aussi en catamaran), au sein du club de VDNacres à langrunes 

“La planche à voile c’est ma passion. J’en fais depuis pas mal d’années. Transmettre ça aux enfants dès l’école de voile puis l’école de sport puis en groupe de compétition c’est génial ! Je les suis sur toutes les compétitions : départementales, régionales et parfois même jusqu’aux Championnats de France. Suivre des jeuens sur du haut niveau c’est vraiment le top même si le reste de l’activité est très plaisant aussi.
Ce qui n’est pas facile en planche c’est la contrainte des conditions de vent pour naviguer qui sont très restrictives (il faut du vent plutôt fort). Mais à l’inverse, un gros point positif c’est que les déplacements sont très faciles à organiser sur le plan logistique.”

 

Les diplômes pour accéder au métier ?

Pour entraîner contre rémunération et de manière permanente, l’éducateur•rice doit être diplômé•e a minima d’un BPJEPS 4UC (CTA). On peut aussi être titulaire de diplômes supérieurs ou équivalents, tels que le DEJEPS (CTA), le BEES 1 ou 2, une licence ou un master STAPS (option entraînement et de préférence avec le « supplément voile »). La fédération propose également les qualifications d’ « Entraîneur Régional » et « Entraîneur FFVoile » qui peuvent renforcer les compétences du•de la professionnel•le.

En quoi consiste le métier ?

La fonction d’entraîneur•se occupe rarement les technicien•nes de clubs à temps plein. L’activité se déroule plutôt le mercredi et le week-end. Le reste du poste est généralement occupé par les fonctions classiques d’éducateur•rice : activités éducatives, activités loisirs et estivales. 

Certains entraîneur•ses assurent leur mission tout en assumant la fonction de responsable de structure, mais les équilibres sont souvent plus délicats à trouver.

 

 

À quoi ressemble son travail et son quotidien ?

L’entraîneur•se développe une activité essentiellement basée sur l’animation d’équipe (équipe de coureurs, équipes de parents, staff). Il•elle doit favoriser l’adhésion et la fidélisation et mobiliser des acteurs. L’activité impose des temps de coordination importants pour dynamiser et développer. On dit que 1h d’entraînement impose 1h de coordination.

L’entraîneur•se est presque exclusivement sollicité•e en dehors des temps scolaires (sauf dans le cadre d’une Section Sportive Scolaire) : le mercredi après-midi et le samedi la majorité du temps. Certains collectifs nécessitent une activité parfois en soirée (préparation physique, navigation) ou le dimanche. En effet, presque systématiquement, les rencontres et compétitions ont lieu le dimanche.

Les premiers niveaux d’activité impliquent généralement un seul créneau d’entraînement par semaine. Plus le niveau et la structuration monte, plus le nombre de séances augmente, allant parfois jusqu’à 3 ou 4 séances par semaine et des entraînements pendant l’hiver.

L’entraîneur•se encadre, organise l’activité et le programme, anime son groupe, prépare la logistique des déplacements, le matériel d’encadrement, les remorques, selon son niveau d’autonomie et d’expérience.

Les publics les plus souvent encadrés sont les jeunes (de 6 à 25 ans), mais les publics adultes le sont également. 

Les supports sont plutôt le dériveur, catamaran, planche, kite mais peuvent être l’inshore, l’offshore, le foil, bientôt le wings.

Quelles sont les contraintes personnelles du métier ?

Travail en extérieur avec un environnement instable et soumis à la météo (notamment le vent fort et le froid).
Travail dans un environnement avec des risques liés à la sécurité.
Le travail nécessite de l’expérience, de l’adaptation, de la réactivité.
L’activité impose potentiellement de nombreux déplacements, notamment sur les week-end prolongés et les congés scolaires.
L’activité nécessite d’encadrer le week-end.

Quel parcours pour y arriver ?

Les éducateur•rices démarrent souvent dans le métier en commençant par un CQPIV.

Ils peuvent ensuite passer des BPJEPS Voile, DEJEPS pour disposer des prérogatives pleines d’encadrement voire compléter le parcours avec une qualification d’entraîneur•se FFVoile

Les diplômes STAPS donnent une culture sport et entraînement très riche. Ces diplômes peuvent donner lieu à des allègements. Cependant, force est de constater que pour travailler en structure nautique il est souvent demandé aux éducateurs de passer des qualifications d’Etat.

Pour entrer en formation, le niveau et l’expérience technique doivent être le plus haut possible.

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Et ensuite, quels cursus et carrières ?

L’entraîneur•se peut décider d’intégrer des structures spécialisées dans l’entraînement, voire d’intégrer des dispositifs fédéraux ou une mission de la fédération dans le Haut Niveau. Certains professionnels développent une activité en indépendant (entraînement, coaching, préparation sportive).

Évolutions professionnelles, quelles passerelles ?

Certains professionnels se spécialisent sur certains pans de l’activité : préparation physique, préparation mentale ou autre.